Light Sleeper - Late Night Writings On Cinema
       
Esclaves et Libres: Notes sur les femmes dans quelques films de Walsh

By Jean-Pierre Coursodon

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This article first appeared in Positif, April 2001, #482
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La diversité étant l’une des caractéristiques les plus marquantes de l’oeuvre de Walsh, on ne saurait sans simplification abusive suggérer un portrait de l’héroine walshienne "type". Toutefois il est un trait commun (trop commun pour qu’il s’agisse d’une "simple" coïncidence) à la plupart de ses personnages féminins: le désir d’indépendance, plus ou moins intense, manifesté de façons diverses, souvent réprimé ou frustré, mais rarement tout à fait absent. Seul Hawks, peut-être, parmi les cinéastes hollywoodiens classiques, a montré une telle prédilection pour les femmes "libres", ou qui s’efforcent de l’être. Mais chez Hawks les héroïnes, afin de s’imposer, doivent s’intégrer à un univers masculin dont elles adoptent, ou à tout le moins acceptent, les règles et les valeurs, d’où une certaine virilisation -- souvent notée -- de la femme (exemple extrême et célèbre, Hawks transformant le protagoniste masculin de The Front Page en un personnage féminin) et son corollaire, une certaine féminisation, ou émasculation, de l’homme (surtout nette dans certaines comédies).

Rien de tel chez Walsh. Naturellement portées à l’indépendance, ses femmes n’en aspirent pas pour autant à rivaliser avec les hommes ou à se substituer à eux. Elles ont même souvent le rôle éducateur, "civilisateur", ou modérateur qui est traditionnellement celui de la femme dans le cinéma américain classique (rôle que Hawks ignore en général superbement; si par hasard il cède à la tradition -- la fin de Red River -- le résultat n’est guère convaincant). On remarquera de plus que le besoin d’indépendance caractérise indiféremment, chez Walsh, les personnages féminins positivement ou négativement connotés: good girls , bad girls  et good-bad girls . Consubstantiel aux personnages, il n’a pas besoin d’être jugé ou qualifié.

Cette exigence d’indépendance, qui peut aller jusqu’à l’obsession, crée au sein de l’oeuvre walshienne une certaine tension entre le discours proto-féministe qu’elle ne peut manquer de générer et les codes du cinéma hollywoodien traditionnel qui veulent que la femme tende à la dépendance et n’y échappe qu’à ses risques et périls, périls souvent graves, parfois mortels. Ces codes, Walsh doit au moins partiellement les respecter tout en les contestant. C’est ainsi que, sans doute avec réticence, il se résoudra à faire mourir, sans nécessité dramatique aucune, le personnage de mauvaise épouse/mauvaise mère de Martha Vickers dans The Man I Love (une voiture la renverse): éprise de liberté, elle ne pensait qu’à s’ "amuser". On peut imaginer Walsh donnant raison au mari qui s’afflige: "She wasn’t a bad kid ". Cette tension, qui n’est pas le moindre attrait de l’oeuvre de Walsh, ira s’intensifiant dans la dernière partie de sa carrière, où le nombre et l’importance des rôles féminins s’accroît.

Tous les personnages féminins de The Man I Love, justement, se définissent par leur rapport à l’indépendance -- indépendance assumée et farouchement protégée (Ida Lupino, caractérisée par son absence d’attaches, sa faculté d’aller librement de ville en ville), indépendance perdue, dans l’assentiment (Andrea King, soeur de Lupino, épouse et mère modèle à travers les épreuves) ou le rensentiment (Martha Vickers, la voisine, prise trop jeune au piège du mariage et des bébés -- des jumeaux sur les bras! -- et qui rêve de s’échapper), indépendance précaire et menacée, enfin, chez la soeur cadette que Lupino essaie de "caser" malgré sa réticence (libre mais non pas prosélyte, Lupino se rend compte que l’indépendance n’est pas l’option idéale pour une jeune fille introvertie et insecure). Le mariage apparaît ici comme la menace majeure qui pèse sur la liberté féminine: qu’elles l’acceptent (Sally, la soeur ainée), le redoutent (la petite soeur) ou se rebellent contre ses conséquences (Virginia, la voisine), trois des quatre femmes ont, ont eu ou auront à lui sacrifier leur indépendance. Lupino ne conserve la sienne qu’au prix du célibat.

Le titre du film se réfère à la fois à la chanson des frères Gershwin (que Lupino interprète, ou plutôt feint d’interpréter, puisqu’elle est doublée), et à un personnage masculin qu’on pourrait, sur la foi de ce titre, supposer central (l’homme que j’aime, le je se référant, logiquement, à l’héroïne) mais qui se révèle en fait marginal et essentiellement fuyant : parce qu’une femme l’a fait souffrir, ce pianiste a abandonné la musique pour courir le monde sur des bateaux où il occupe des fonctions imprécises (i). Quand il s’embarque une nouvelle fois, laissant Lupino sur le quai (en tant que vedette du film il était obligatoire qu’elle tombât amoureuse), on pousse pour elle un soupir de soulagement. En un sens ils étaient paradoxalement faits l’un pour l’autre, étant tous deux des vagabonds inaptes à toute espèce de stabilité (géographique, sentimentale, sociale...)

Le titre se révèle particulièrement ironique si l’on considère les paroles de la chanson -- paroles délibérément niaises et naïves (c’était le talent particulier d’Ira Gershwin, en cela l’opposé d’un Cole Porter ou d’un Larry Hart): "Un jour il viendra, l’homme que j’aime / Et il sera grand et fort, l’homme que j’aime / Et je ferai tout pour le faire rester. / Il construira une petite maison / Juste pour nous deux / D’où je ne partirai jamais / Comment le pourrais-je? Le pourriez-vous?  " -- soit l’expression parfaite, béate, de l’archétypal rêve féminin de dépendance, et de tout ce que le personnage de Lupino rejette -- du moins consciemment: la chanson pourrait être une occasion d’exprimer sans se trahir un désir inconscient (ce serait bien là une manifestation de l’ambivalence des scénaristes, et de la tension plus haut évoquée); sa présence dans le film, au sein d’une telle anecdote, n’est en tout cas pas innocente (Lupino chante aussi, ironie complémentaire, Body and Soul, cet hymne quasi-masochiste d’abjecte dépendance par rapport à l’être aimé).

A une réplique de Lupino, en réponse à quelque mise en garde masculine -- "Laissez-moi la responsabilité d’organiser mon propre enterrement!" -- fait écho, dans The Tall Men, celle de Jane Russell, qui demande qu’on lui accorde "le droit de rêver." Nella ( Russell) est en fait le personnage central du film, malgré la présence de Clark Gable et Robert Ryan (elle hésite, ou feint d’hésiter, entre les deux), et malgré le titre, qui cite d’ailleurs (comme, coïncidence, dans le cas de The Man I Love) les paroles d’une chanson, interprétée par Russell: "I want a tall man, not a small man. " "A tall man", pour Nella, c’est un homme plein d’ambition -- de grandes ambitions; elle trouve que Gable en manque; il le reconnaît: "I have small dreams. " Il rêve d’une petite ferme dans un coin reculé du Texas. Nella ne veut pas en entendre parler: son rêve à elle est californien (soit comme toujours dans les westerns: l’inconnu, l’aventure, la dernière frontière, la perspective du succès, de la richesse...) Elle évoque avec un réalisme sans illusion les déboires d’une vie d’épouse de petit fermier -- elle parle par expérience, ayant vu sa mère vieillie et brisée avant l’âge par une telle existence, et son propos est totalement convaincant... Julie Ann (Dorothy Malone) dans Colorado Territory tenait déjà un discours tout à fait semblable -- et là encore, peu importe qu’un personnage soit "positif", l’autre "négatif" (Julie Ann est la réplique du personnage de Joan Leslie dans High Sierra, dont Colorado Territory est le remake transposé en western).

La conclusion, prévisible, de The Tall Men est une concession à la tradition et aux conventions: Nella, d’abord séduite par Ryan, qui lui promet une vie de luxe, finit par comprendre où résident les vrais valeurs. Avant le départ du cattle drive , Gable la libère symboliquement du carcan d’un corset (offert par Ryan) qui l’empêchait littéralement de respirer. Dans la version finale de la chanson-titre, le "tall man ", c’est désormais Gable... On retrouvera un retournement final similaire dans le film suivant de Walsh, The Revolt of Mamie Stover, où Jane Russell tient de nouveau le rôle d’une jeune femme ambitieuse, obsédée par l’argent et la réussite, mais qui, comprenant son "erreur", optera finalement pour la vie simple.

Dans un article définitif sur Walsh (ii), Michael Henry soulignait "la fantastique, l’irrésistible énergie" dont les héroïnes de ses films sont capables. C’est qu’une femme ne saurait être libre dans la passivité. L’indépendance ne lui est jamais donnée une fois pour toute (à supposer qu’elle le lui soit jamais), elle doit toujours se conquérir. Une telle conquête exige une vigueur, un dynamisme, une vitalité de tous les instants. La très grande liberté sexuelle des héroïnes de Walsh est une des formes d’expression les plus spectaculaires qu’emprunte cette énergie. Energie sexuelle, énergie vitale -- pas de différence, pour ces femmes, entre liberté sexuelle et liberté tout court... Dès 1915 Walsh allait puiser dans le répertoire éprouvé pour y trouver une mangeuse d’hommes sans complexes (Carmen, avec Theda Bara, qui sort le même jour que la Carmen de DeMille avec Geraldine Farrar!) et il récidive en 1927 avec Loves of Carmen, où Dolores del Rio, séductrice ravageuse, accumule aussi les facéties désopilantes (ou qui se veulent telles). Car Walsh résiste rarement, surtout dans sa période muette, à son goût pour la farce, la grosse rigolade.... Cédant avec délectation au cliché de la femme latine au tempérament volcanique, il encourage Dorothy Burgess dans In Old Arizona, Lili Damita dans The Cock-Eyed World à l’exubérance la plus débridée. On peut s’en affliger (les scènes de détente comique, dans What Price Glory ou Cock-Eyed World sont si nombreuses qu’elles occultent toute tension dramatique); mais faire le clown, pour ses héroïnes, c’est encore une façon d’affirmer leur indépendance, leur libération du carcan des bienséances où la société veut enfermer la femme. Leur vulgarité, comme leur sexualité, fait partie de leur élan vital (iii).

A la limite, toute perte d’indépendance constitue un esclavage. La femme est constamment menacée par diverses formes de servitude qui, pour être parfois dorées, n’en sont pas moins oppressantes et aliénantes. On ne s’étonne donc pas que Walsh ait été attiré par le roman de Robert Penn Warren, Band of Angels , mélodrame sudiste où l’esclavage n’est plus métaphorique mais bien réel: l’héroïne, une jeune femme de la bonne société, y perd soudain sa liberté et son identité même quand on découvre, à la mort de son père, que sa mère était noire. Du même coup le film illustre une problématique chère à Walsh: le conflit entre la soif de liberté et l’amour, qui mène la femme à abdiquer son indépendance. A peine plongée dans l’ignominie de la servitude, Amantha en est tirée par le noble geste du riche planteur sudiste Hamish Bond (nom prédestiné: bond , lien , chaîne , et aussi engagement , contrat ; l’esclave est enchaînée au Maître par un contrat social) qui l’achète (pour la somme énorme de 5000 dollars -- une esclave blanche vaut son pesant d’or) et l’établit dans une situation privilégiée de quasi-maîtresse de maison. Mais elle n’en reste pas moins prisonnière de sa condition: les grilles de la propriété, les barreaux aux fenêtres, les clés le lui rappelent sans cesse, et quand elle veut s’enfuir, c’est un autre esclave "privilégié" qui l’arrête et la ramène à leur Maître... Dans la meilleure tradition romanesque, Amantha va peu à peu s’éprendre de ce maître d’abord méprisé et haï. L’amour fait tout basculer: quand Bond rend magnanimement sa liberté à Amantha, la mettant sur le bateau où elle avait vainement tenté de s’embarquer quelque temps plus tôt, elle revient vers lui au dernier moment, renonçant à l’indépendance qu’il vient de lui accorder. En somme, le bonheur dans l’esclavage. Au nom de cet amour, ne renonce-t-elle pas, volontairement cette fois, à son identité?

Grâce au contexte historique et au prix d’une certaine roublardise scénaristique, Walsh réussit in extremis à sauvergarder à la fois l’identité et la liberté de l’héroïne et son amour. La victoire du Nord rend effective l’abolition de l’esclavage dans le Sud vaincu. Hamish et Amantha deviennent (ou redeviennent), tant socialement que génétiquement, égaux. Retournement de situation: Hamish est arrêté par son ex esclave ("Rau-ru", qu’il avait sauvé, nouveau-né, d’un massacre, puis éduqué et élevé comme un fils, dont il fera son intendant), devenu sergent dans l’armée de l’Union, qui va le remettre aux autorités nordistes. Trahison? Non. Rau-ru fait valoir, dans un affrontement avec Amantha, que le "bon" maître est le maître le plus dangereux car, se faisant aimer de ses esclaves, il les prive de leur seul privilège: haïr leur oppresseur. Il ne saurait y avoir de bon esclavagiste. Amantha va-t-elle accepter et assumer sa "négritude", maintenant qu’elle n’est plus (en principe) une marque infâmante d’infériorité? Non. Aux accusations de Rau-ru elle riposte que Hamish est le seul homme qu’elle a jamais aimé et aimera jamais, et ajoute: "Et je continuerai à vivre une vie blanche désormais." ("And I’ll keep on living a white life from now on. ") Elle retrouve Hamish en fuite (Rau-ru a finalement favorisé son évasion en laissant la clé sur les menottes qu’il lui a passées) et ils s’en vont ensemble en barque sur le bayou rejoindre un bateau ami qui les emmènera vers des îles lointaines, vers la liberté (iv).

Les rôles féminins dominent la plupart des films de la dernière période de Walsh, et notamment les plus intéressants: The Tall Men, The Revolt of Mamie Stover, The King and Four Queens, Band of Angels, Esther et le Roi... (même dans ses films de guerre de l’époque, Battle Cry et Les Nus et les Morts, les personnages de femmes abondent -- par le biais de retours en arrière dans le second -- et on peut soutenir que ce sont les plus attachants). Ces héroïnes ont toutes un point commun: cherchant à échapper à une condition sociale défavorable et oppressante, elles font preuve d’une ambition (qui peut aller jusqu’à la cupidité: Mamie Stover, Four Queens) et d’une combativité à toutes épreuves. Dans plusieurs films l’héroïne fait partie d’un groupe féminin: les entraineuses de Mamie Stover, les quatre "reines" (dont trois veuves) de Four Queens, les épouses d’Assuérus dans Esther. Ces groupes vivent sous le joug d’une femme plus âgée, autoritaire -- la belle-mère dans Queens, la tenancière du dancing dans Stover (dans Esther ce sera un eunuque ) qui leur impose une réserve amoureuse et sexuelle confinant à la stricte chasteté, discipline particulièrement contraignante si l’on considère les solides appétits sensuels qui caractérisent généralement l’héroïne walshienne.

Les femmes dominent, et pas seulement numériquement, Le Roi et quatre reines, film qui relève autant de la fable, voire du conte de fées, que du western traditionnel. Le titre, déjà, avec sa référence au surnom de la vedette masculine et son allusion au poker, annonce les intentions ludiques de l’anecdote. Rappelons celle-ci: quatre filles ont épousé quatre frères. Trois d’entre eux ont été tués au cours d’un holdup, l’un a survécu, mais on ignore lequel. L’une des quatre veuves potentielles ne l’est donc pas. Afin de garantir sa fidélité à l’époux absent et l’honneur familial, la mère des quatre bandits, elle-même veuve, monte une garde vigilante autour d’elles, ne se séparant jamais d’un fusil agressivement phallique (elle représente le phallus absent). Elle est aussi la gardienne du trésor caché, fruit du holdup, que chacune de ses belles-filles convoite. Celles-ci sont donc l’objet d’une double frustration: le sexe et l’argent leur sont également interdits. En fait ces deux tabous fonctionnent plus ou moins comme équivalent ou métaphore l’un de l’autre tout au long du film. Lui aussi en quête du trésor, un intrus, d’abord reçu à coups de fusil par la mère, utilise l’attirance que les quatre "reines" éprouvent à son égard pour former des alliances avec chacune d’elles successivement dans un effort pour découvrir la cachette du magot -- manoeuvres d’ailleurs superflues, car ces femmes n’ont pas plus besoin de lui qu’il n’a besoin d’elles: la recherche du trésor devient prétexte à la recherche du sexe, alors que l’intrigue posait l’inverse au départ. Lorsqu’un vrai couple se forme entre Gable et l’une des femmes, Sabina (qui en fait n’est pas l’épouse d’un des frères, mais une aventurière qui prétendait l’être), le trésor n’a plus de fonction dans l’économie du récit (le sexe s’est substitué à l’argent). Gable, qui l’a finalement découvert, le remet aux autorités et s’en va avec Sabina, échappant à la domination matriarchale.

Cette conclusion fait écho à celle de Mamie Stover, où l’héroïne distribuait l’argent douteusement amassé, avant d’échapper à la domination de la tenancière du dancing en quittant Hawaï, et à celle de The Tall Men, où Nella rejetait la richesse (et la domination de l’homme riche) après l’avoir convoitée. Conclusions prévisiblement "morales", certes, mais dépourvues de toute intention moralisatrice apparente. Walsh considère ces personnages féminins avec la même sympathie avant et après leur "conversion" au droit chemin. On pourrait même parier qu’il les préfère cupides et intéressées que vertueuses, non par indulgence pour ces traits de caractère, mais parce qu’ils accompagnent ces pulsions eminemment walshiennes: la volonté de survivre et l’amour de la vie.

 

Endnotes:

(i) C’est un de ces musiciens faussement géniaux assez fréquents dans les films Warner de l’époque: on l’entend marteler sur son piano des arrangements rapsodisants aussi grandiloquents qu’insipides. Il est à Art Tatum ce que Kenny G. est à John Coltrane, ou Liberace à Vladimir Horowitz.

(ii) Raoul Walsh, le roman du continent perdu, Positif, décembre 1998.

(iii) Certaines peuvent aussi faire preuve d’une agressivité bon enfant dont l’entrainante vitalité, par la paradoxale élégance de son style, efface toute trace de vulgarité; ainsi le merveilleux personnage de Joan Bennett dans Me and My Gal.

(iv) Le titre original, Band of Angels, fait allusion au spiritual  "Sweet Low, Sweet Chariot": "I looked over Jordan and what did I see?.../A band of angels coming after me/Coming for to carry me home. " Ces anges libérateurs sont assimilés ironiquement par Hamish aux soldats nordistes.

 

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