Tout est dans la mise en scène.
Le rideau s'ouvre. La nuit se fait dans la salle. Un rectangle de lumière vibre à présent devant nous, bientôt envahi de gestes et de sons. Nous voici absorbés par cet espace et ce temps irréels. Plus ou moins absorbés. L'énergie mystérieuse qui supporte avec des bonheurs divers les remous d'ombre et de clarté et leur écume de bruits, s'appelle mise en scène. C'est sur elle que repose notre attention, elle qui organise un univers, elle qui couvre l'écran, elle, et rien d'autre. De même que le ruissellement des notes d'un concerto. De même que la coulée des mots d'un poème. De même que les accords ou dissonances des couleurs d'un tableau. A partir d'un sujet, d'une histoire, de "thèmes", et même du dernier état du script, comme à partir d'un prétexte et d'un tremplin, voici le jaillissement d'un monde dont le moins qu'on puisse lui demander est qu'il ne rende pas vain l'effort qui l'a fait naître. La mise en place des acteurs et des objets, leurs déplacements à l'intérieur du cadre doivent tout exprimer, comme on le voit dans la perfection suprême des deux derniers films de Fritz Lang, Le Tigre du Bengale et Le Tombeau hindou.
CLICK HERE TO KEEP READING
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
© Copyright Michel Mourlet. No part of this article
may be reprinted without permission of the author.
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- |